By tbernardet

27 août 2006

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Un texte de Martial Déflacieux.

Parmi le réel, ce fond commun de signes et de choses qui nous entourent, Thomas Bernardet extrait de l’ordinaire ce qui peut devenir par la suite un point de vue particulier. Cette vision personnelle s’inscrit dans la multitude de ses influences culturelles. Son « regard » saisit ce que tous les « regards » peuvent voir. Cela peut-être un simple fait d’actualité, « une maison à 100 000 euros » ou de l’ordre de l’emprunt, à l’histoire de l’art par exemple. Thomas Bernardet prélève donc du réel ce qui attire son attention (une phrase, un objet, un slogan, une situation, un lieu) et le laisse mûrir sous forme de « documents de travail » (des photographies, croquis, notes variées). Parmi ce qui est intuitivement collecté, certains « documents » vont avec le temps plus particulièrement se « révéler » comme on le dit en photographique et faire apparaître « le reflet d’une conscience à laquelle on ne prêtait pas attention. Thomas Bernardet peut alors réinvestir cette chose collectée et recomposer en quelque sorte son génome, retrouver sa gravité, ce qui lui donne un poids, une signification. Le résultat est assez troublant car la limite n’est pas franche entre le simple document et l’œuvre. Cette limite est même plutôt poreuse, ce qui invite le spectateur à faire son propre cheminement. Le spectateur doit en effet délier de nombreux enjeux ; le statu de l’œuvre, notre rapport au réel, la part de toute représentation collective, la part de toute projection personnelle. Comprendre que c’est au cœur de cette « démarche » que se situe la pratique artistique de Thomas Bernardet, c’est rencontrer toute la richesse et la qualité de ce travail.

Martial Déflacieux 2009

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